Beau comme un sénégalais qui danse !

Notre vedette de « Culture is magnifique » du jour est Pape Ibrahima N’Diaye alias Kaolack.

Si les femmes sénégalaises ont la réputation d’être très belles, les hommes, eux sont perçus comme de grands athlètes séduisants et bien dans leurs baskets. Ils parviennent aussi à exceller dans leur domaine de prédilection.

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’expression corporelle au sens le plus rimbakh-pa-pakh du terme. Il a bien fallu que je croise le chemin virtuel de Pape Ibrahima N’Diaye alias Kaolack pour être sublimée par la beauté dansante de cet âme, sénégalaise s’il vous plaît !

Sur certains murs facebookains, il y a des gens qui pleurent, qui se lamentent, qui dénigrent, qui insultent et jettent de mauvais sorts vaudouisants à leurs colocataires virtuels avec une manifestation constante. Certains sont en concurrence sans même connaître leurs supposés adversaires. Certains sont prêtes à tout pour mettre le feu sur le paillasson mural des autres sans pour autant les avoir rencontré physiquement. Sur ces murs en zone de turbulence, s’y balader est simplement dangereux pour notre moral comme si on traversait une jungle en ébullition face à des lions affamés de plusieurs jours. On reçoit l’amertume des gens gratuitement. Ils nous impose leur poison sans raison. Avec tout ce boomerang, nous avons juste parfois envie de nous cogner la tête au mur, sur un vrai mur cette fois. Nous avons juste envie de sortir instinctivement la tête de l’eau pour sauver notre peau. Nous avons ainsi juste envie de fuir loin pour ne pas être submergé par les vagues troubles. Parce que la loi sur les réseaux sociaux c’est malheureusement en partie ça. Parfois, je me demande : “qui a bien osé ouvrir la cage aux folles supportées par leurs fous furieux.

Cependant, loin de ce tourbillon d’humeur salace, loin de ces malheureux en vadrouille de malheur à leurs heures perdues, en panne d’énergie saine, il y a des champions du bonheur. Ces derniers, rien que de les croiser sur notre mur nous donne la pêche au point de vouloir aller faire une parti de pêche sous le soleil des Bahamas avec eux. Avec eux, la vie est prise avec philosophie et bon sens. La vie est agréable, gaie, positive, franche et avec beaucoup d’humanité.

On ne les connais que virtuellement, mais ils nous marquent tellement que nous avons l’impression que nous avions joué ensemble petits. Que nous avions lancé les billes ensemble étant petits. Que nous avions joué au ballon dans le sable. Que nous avions partagé les mêmes souvenirs, fait les mêmes écoles, eu les mêmes diplômes. Ces champions du bonheur nous transportent dans leurs sillons de fraîcheur, de bonne humeur, de bonheur de vivre, dans leur savoir-vivre, dans leur savoir-être, qu’ils partagent avec générosité. Avec eux, nous avons la manifestation positive de la vie au sens le plus singulier du terme. C’est parce que nous faisons ces rencontres spectaculaires hors normes, uniques dans leur genre que nous réalisons que cette vie virtuelle a presque un sens.

Avec eux, plus besoin de pleurnicher sur notre sort. Plus besoin d’écrire ses plaintes sur le mur des lamentations car le bonheur on l’obtient juste en ouvrant et en lisant leur posts. Pape Ibrahima N’Diaye fait parti de ces tendances du bonheur du net ultra-net avec une émotion vive, parfois tranchante mais toujours dans la joie et la bonne humeur.

Ses citations cult :

  •  “Je suis le produit de mes échecs”
  • “Je suis le produit de mes défaites”
  • “Black Is a problème”
  • “I love we”
  • “Jungle justice“
  • “Les vainqueurs l’écrivent”
  • “Les vainqueurs racontent l’histoire”
  • “I am KLK”

Ses inconditionnels Hastags :

  • ‪#‎kaolackdream‬ ‪
  • #‎kaolack2nightbird‬
  •  ‪#‎kaolack2voodoochild‬
  •  ‪#‎kaolack2016‬.
  • #KLK

Pape Ibrahima N’Diaye est un danseur philosophe. Il danse sans répit. Danser est son essence. Danser est la quintessence même de son être. Danser est le moteur de son existence. Danser est le diesel de ses entrailles. A travers la danse, il écrit l’histoire à sa manière.Je fus stupéfaite en le voyais danser dans son tutu blanc comme une colombe avec des gestes précis, une relation d’âme et d’être avec son corps en symbiose avec son public, avec sa musique.

Seul, égaré dans sa finesse somnambulaire, il sautille. Il se titille. Il se tortille. Il vole dans le vent. Il revient en voltige planée. Il se laisse emporter par son art corporel. Dans chacun de ses mouvements, dans chacun de ses pas… de danse, il sait exactement ce qu’il veut. Ce qu’il cherche. Où il veut amener son corps. Où il veut transporter ses spectateurs. Dans son tutu, tout tû et non titubant, il est inspiré. Il dégage. Il déménage. Il gâte le coin à sa guise. Il aime ça, danser, à l’infini.

Certains auraient pouffer de rire en le voyant dans ce tutu blanc tituber avec élègance sans gants. D’autres crieraient garde, disant que ce n’est pas viril de voir un aussi vil et viril personnage au masculin se mouvoir dans une si molle étoffe blanche pour prouver que le pouvoir n’appartient plus uniquement aux femmes, le pouvoir de porter un tutu, et enfin, le pouvoir de danser dans un tutu.

Pape Ibrahima N’Diaye arrache ainsi le tutu de la main des femmes et se l’approprie à outrance, en transe, sans gène ni hésitation. Dans sa valse d’été où il passe et trépasse à vif allure parfois sur la pointe des pieds, il m’inspire ! Il m’inspire de bonheur de leur voir si heureux de danser dans un tutu blanc percale.

Mais enfin, quelle allure ! Quelle classe dans le mouvement ! Quelle densité ! Quelle droiture ! Quelle expression corporelle ! Quel sentiment artistique ! Quel Beauté musculaire ! Quelle précision ! Quel art ! Quel dégagement ! Quel Rimbakh-pa-pakh ! It is not a Deukhine-Mbeupp It is a real Thiebou-diagua ! Merci pour cette prestance ! Merci pour ce génie artistique ! Walabock !

Aïssatou Diamanka-Besland

Aïssatou Diamanka-Besland

Ecrivain - Journaliste
Aïssatou Diamanka-Besland

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