Mouhamed Ali… Repose-toi bien Djambar !

Naître africain et ne pas connaître Mouhamed Ali est probablement une chose impossible.

Qui n’a pas joué à donner des coups de poing en se prenant pour toi. Qui n’a pas simulé des sautillements sur la pointe des pieds comme un papillon, as a butterfly.  Qui n’a pas parlé comme toi avec ton verbe et ton valve unique. Tu as fasciné ma génération.

Nous étions encore jeune mais déjà très à l’écoute de ce qui se passait de l’autre côté de l’atlantique. Etant une ancienne colonie française, il nous fut difficile de trouver des représentations identitaires dans notre environnement immédiat et c’était en tranversant l’Océan atlantique que nous retrouvions nos idoles qui nous fascinaient et faisaient rêver. Mickeal Jackson était notre chanteur préféré. Tina Turner était une autre de nos chanteuses et danseuse préférées. Les artistes, les chanteurs, les sportifs, les basketteurs, les acteurs de films américains furent nos seuls repères. Nous les voyons à la télé. Nous les regardions exceller dans leur domaine respectif et nous nous extasions. Nous nous extasions devant toi, Ali !

J’étais encore un bébé de 3 ans quand tu étais venu au Congo le 30 octobre 1974, pour affronter Foreman. Nous entendions nos ainés et nos parents en discuter avec fort sentiment de fierté et de béatitude. C’était quelque chose d’unique et de spectaculaire était en train de s’écrire dans la vie iconique du boxeur que tu incarnais.

Papa Ali saches que tu étais un guerrier, un guerrier noir ! Tu nous donnais la fierté d’être noir nous les Africains du continent. Avec toi, nous nous sentions encore plus fièrs de nos origines et de notre identité. Nous étions tous des Mohamed Ali en herbe de manière inconsciente.

Plus tard, en grandissant, ayant la fibre et la curiosité de tout savoir, c’était en ce moment que je découvris avec stupéfaction tes sorties verbales sur les chaînes américaines. C’était là que j’avais découvert ta foi, ta croyances dans tes idées et tes combats inaltérables. C’était là aussi que j’avais découvert ta détermination, tes convictions. C’était là aussi que j’avais découvert un homme qui se battait sans relâche contre le système raciste ségrégationniste d’Amérique conservatrice.

Papa Ali tu ne laissais personne indifférent. Tu nous transportais à la fois dans ta recherche de justice, dans ta quête de repères, dans ta marche d’équité, dans ta démarche d’humanité dans ce monde sauvage.

Ndeyssane… tu as marqué notre jeunesse. Notre soif de justice. Notre foi. Notre inspiration. Notre fierté to be too proud, to be black. Tu as été pour nous une icône iconik. Tu faisais parfois vibrer en nous nos solides racines africaines. Mais voilà, tu as fini ta mission avec dignité. Repose toi bien djambar !

Tu feras désormais parti de nos papas partis très tôt nous laissant leur lumière éternelle.

« Aucun Vietcong ne m’a jamais traité de nègre« . Mohamed Ali justifiant son refus d’aller combattre au Vietnam, 1966. »

Aïssatou Diamanka-Besland

Aïssatou Diamanka-Besland

Ecrivain - Journaliste
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