NJAAY MAGAZINE : Interview , La jeunesse africaine doit faire entendre sa voix.

Pouvez-vous nous parler de votre livre Fracture identitaire? 

« Fracture identitaire » est mon troisième livre, un essai qui vient se rajouter à mes deux premiers romans « Le pagne léger » et « Patera ». J’y parle du thème de l’immigration qui est intrinsèquement liée à la notion d’intégration. En partant d’une famille d’immigrés qui résidente en France dont le père est arrivée vers les années soixante, et qui a fait venir sa femme par la suite. Ils ont eu des enfants et constitué une famille qui baigne dans deux cultures. Une dichotomie qui pose parfois des problèmes de compréhension, de positionnement dans une société autre que celle d’origine, des problèmes d’intégration, de diversité des cultures, de langue, de comportement, d’acceptation, de rejet, tous les ingrédients qui font parfois que la vie devient difficile à vivre au quotidien. L’individu qui part de chez lui ne peut s’éplucher de sa culture qui est une partie intégrante de sa personne, il migre avec. Reste à faire face à la difficulté de s’insérer dans son nouveau pays adoption avec une nouvelle culture.

Quel regard portez-vous sur la parité ?

Avant les femmes n’avaient pas le droit de travailler ; elles n’avaient pas le droit d’ouvrir des comptes bancaires sans l’autorisation de leur mari ; elles n’avaient même pas d’âme. Elles devaient rester au foyer et faire les enfants de leur époux ; elles n’avaient pas le droit de voter ; puis arrive l’année 1946 où elles peuvent enfin voter et exprimer leur désir voire faire leur choix singulier selon la Constitution. Elles retrouvent ainsi leur âme perdue d’avant, travaillent, s’émancipent, prennent des décisions, impressionnent de par leur ténacité et leur détermination. Nous nous retrouvons à avoir des femmes députés, ministres, chefs d’entreprise, présidentes de la République… Les femmes ont ainsi révolutionnée les normes sociales. Malgré toutes ces avancées, la combat n’est toujours pas achevé et les batailles loin d’être finies. La parité est une priorité dans une société en mouvement, dans une société qui sait que toutes les voix comptent homme ou femme car c’est ensemble que cette même société peut aspirer à une vraie cohésion sociale et à l’instauration d’une véritable démocratie par le biais de l’application d’une démocratie participative où chacun, homme et femme, joue sa singulière partition. Cependant, il est vrai que la femme ne sera jamais également à l’homme et vice versa, ceux sont deux individus complémentaires. L’un à besoin inéluctablement de l’autre pour avancer et faire avancer ensemble les choses publiques et politiques.

Que pensez-vous de la violence dans nos universités ?

L’éducation est un droit fondamental. Tout individu à droit à la formation et plus tard à un travail pour pouvoir s’affirmer et jouir de sa liberté financière. L’Etat doit être en mesure d’assurer et de s’assurer que tous les jeunes en âge de recevoir une formation le reçoivent durant une période dédié de leur vie pour préparer leur avenir, pour que ce dernier ne soit incertain. Par contre si ce fondement n’est pas assuré par l’Etat, l’individu a le droit de le réclamer que cela soit une formation universitaire ou autre. Toutefois réclamer son droit ne veut pas dire le faire dans l’anarchie absolue, cela ne veut pas dire non plus, le faire dans la violence, mais dans la rigueur, l’ordre et la discipline, c’est fondamentale. Autre point à soulever, et cette fois-ci du côté du gouvernement qui est à la tête de la police. Il est inconcevable qu’après chaque manifestation ou rassemblement qu’il y ait des morts. La violence doit être évitée des deux côtés aussi bien des manifestants que des forces de l’ordre surtout que ces derniers sont armés face à des protagonistes aux mains nues.

Quel message phare désirerez-vous faire passer aux étudiants ?

Qu’ils sont les leaders de demain. Ils doivent davantage s’organiser pour plus tard faire entendre leur voix. Ils doivent surtout, s’ils ont des doléances, le faire de manière organisée, mais pas en ordre dispersé. Et le combat, il n’est seulement local mais international. La jeunesse africaine doit faire entendre sa voix au plus haut. Elle doit lutter contre ce que l’activiste et écrivain malienne Aminata Traoré appelle le libéralisme sauvage qui détruit les pays du Sud à petit feu. Il faut comme elle dit encore, que l’Afrique cesse d’être un jour la grande banlieue du monde. La jeunesse africaine n’a pas besoin d’être le maillon faible des jeunes du monde entier si l’on sait que d’ici à 2050, la population africaine se comptera à coup de milliards, forte de sa jeunesse.

Quelle est la citation préférée d’Aïssatou ?

Si tu as des objectifs, soit objectif !

 

Aïssatou Diamanka-Besland

Aïssatou Diamanka-Besland

Ecrivain - Journaliste
Aïssatou Diamanka-Besland

Les derniers articles par Aïssatou Diamanka-Besland (tout voir)

Laisser un comentaire